1997 / 2007: Voilà 10 années que je dessine ou barbouille. J'ai toujours balladé mon carnet de croquis sur les rivages bretons. En 1997, j'ai ressenti le besoin de passer à la
couleur.
Il n'était pas question de faire du coloriage de mes dessins, mais de "laisser aller " mon imagination tant pour les sujets, que pour les couleurs. J'avais l'intention de
revisiter la Bretagne "à ma façon". Bien sûr, inspiré des nombreuses visions des "terres/ océanes", c'est à cet endroit que s'est fixé mon imaginaire. Après quelques années à naviguer dans
l'expérimentation, le vague à l'âme m'a envahi en constatant que je m'enfermais dans le réel, tout en peignant chez moi des paysages imaginaires....certains, y retrouvaient même, des
endroits connus ! j'obtenais donc l'effet inverse. Autodidacte et cherchant une liberté d'expression, je peignais avec méthode et contrainte.
Cette période de recherche m'a permis de me fixer sur l'huile, "moins docile", mais plus expressive et plus vivante pour moi qu'une autre technique.
Avec la période "nuit bleue", je me suis "lâché" en représentant mes visions nocturnes maritimes ( même en peignant le jour à domicile)..il est devenu question "d'ambiance", "d'émotions
", de peindre sans se poser de question ce que je pouvais imaginer et le traduire sur la toile. Liberté du ton et des formes, jusqu'à encadrer les tableaux par du cordage.
Je tenais enfin un peu de ce que je recherchais. Les "périodes" suivantes ont permis de développer "le spontanné" sans contrainte, sans soucis de ce qu'y verrait les autres. J'ai commencé à
exposer, à M'exposer, encouragé par d'autres pour ce que j'étais et avais à exprimer. Quelques uns, comme Elie Ménard qui suivait son chemin de fortune, m'ont "pris au sérieux", moi qui ne
demandait pourtant pas à l'être. ( Elie est aujourd'hui inscrit au dictionnaire des artistes / cotation Drouot ) Petit à petit, j'ai trouvé mon équilibre et les expos se sont multipliées, y
compris en "solitaire"..toutefois je persiste à favoriser les rencontres, avec ceux qui ont à dire, et en direction de TOUS ceux qui peuvent y voir ( éclairés ou non ) en matière de
"barbouille". Les "périodes" successives ( peuple de la marée, vent de couleurs, "fauvitude", musique au vent, et actuellement "horizon camaëu"), reflètent clairement mon évolution. Je pars à
présent d'une toile vierge pour lâcher mon imaginaire, respirant la Bretagne par flash d'ambiance insistant sur la lecture globale du résultat . L'important est l'émotion et la
spontanéité qui fait créer, puis cette ambiance qu'il en reste pour moi et pour celui qui y voit ce qu'il veut, une fois le tableau terminé. L'évolution s'est traduite par la mise en mouvement
progressive, le cadre étant la seule limite ( et encore.. ) Le lien reste d'importance, par exemple entre bateaux fantômes et marées imaginaires,, entre hommes déquipages ou musiciens par
biais du trait ou du mouvement des écharpes. Tout peut bouger, mais en harmonie générale et dans le lien entre les différents éléments du tableau. Actuellement "horizon camaëu" développe ce même
besoin d'harmonie, de complémentarité entre couleurs, parties de paysages imaginaires, voir à présent cadre du tableau...il est toujours question d'ambiance, de respirations matinales ou de soupirs
du soir..une certaine forme de paix et d'équilibre.
L'échange à tous les niveaux reste primordial pour ne pas s'isoler, ou se réfugier dans un monde "d'artistes" et de " spécialistes ". Je puise beaucoup dans cela et favorise les "petites
expos", les lieux "inhabituels" ...ainsi à lire "tranche de vie" en terrasse d'une crêperie où les personnes "de passage" ont été autant d'auteurs de "ma" réalisation par leurs
suggestions, leurs émotions, leurs "divagations".
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